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Wali Bai : les caméras pièges révèlent une vie sauvage surprenante.

Situé en périphérie du Parc National de Nouabalé-Ndoki, à proximité des villages de Bomassa et Bon-Coin, Wali Bai est une petite clairière de 1,2 hectare fréquentée par une grande diversité d’animaux. Pour mieux comprendre l’évolution de cette fréquentation pendant la construction d’un nouveau mirador, les équipes Tourisme et Recherche du parc ont mis en place un dispositif de caméras pièges.

En octobre 2025, 18 caméras ont ainsi été installées autour du baï. Leur objectif était de documenter l’utilisation du site par la faune avant, pendant et après les travaux, réalisés d’avril à mi-juillet 2026. Réparties en deux zones, sept caméras se trouvaient du côté du mirador en construction et onze de l’autre côté de la clairière. Les équipes récupéraient les images et remplaçaient les cartes mémoire et les piles environ une fois par mois.

Au fil des mois, les images ont toutefois offert une découverte qui dépasse la seule question de l’impact des travaux : la remarquable diversité de la faune qui fréquente Wali Bai, de jour comme de nuit.

Certaines séquences montrent des buffles fréquentant la clairière alors que les ouvriers sont encore présents sur le site. Malgré l’activité liée à la construction du nouveau mirador, les animaux continuent d’apparaître devant les objectifs. Ces scènes ne permettent pas, à elles seules, de conclure sur l’impact des travaux ; elles illustrent cependant la fréquentation continue du site pendant cette période.

Les éléphants de forêt, visiteurs réguliers de Wali Bai, apparaissent eux aussi à plusieurs reprises. Leur présence contribue à faire de cette petite clairière un site particulièrement intéressant pour l’observation de la faune. Mais les caméras ont également révélé des visiteurs beaucoup plus discrets.

À la tombée de la nuit, la clairière change de visage. Des civettes, des chats dorés africains et des léopards ont été photographiés par les caméras. D’autres images montrent des bongos, des céphalophes, des guérézas et des chevrotains aquatiques, témoignant de la diversité des espèces qui utilisent le baï et ses alentours.

La journée réserve également son lot de surprises. Un groupe d’environ dix gorilles a notamment été observé à proximité de Wali Bai. Ces observations, réalisées par les caméras plutôt que par les visiteurs, montrent une activité animale qui se poursuit à différents moments de la journée et de la nuit.

Cette diversité est d’autant plus remarquable que Wali Bai se trouve en dehors des limites du parc, dans un espace où faune sauvage et présence humaine se côtoient. Les communautés de Bomassa et de Bon-Coin, conscientes du potentiel de la clairière pour le tourisme et l’observation de la faune, ont choisi de préserver ses abords et de ne pas chasser à proximité du site.

Les dernières caméras ont été récupérées le 4 septembre 2026, après près d’un an de suivi. L’analyse scientifique de l’ensemble des données permettra désormais de comparer précisément la fréquentation du site avant, pendant et après les travaux et de mieux comprendre l’évolution de l’utilisation de Wali Bai par la faune.

En attendant les résultats de cette analyse, les images racontent déjà une histoire fascinante. Derrière la tranquillité apparente de cette petite clairière se déploie, de jour comme de nuit, une vie sauvage foisonnante : éléphants, buffles, gorilles, léopards, chats dorés, civettes et bien d’autres espèces. À Wali Bai, chaque déclenchement de caméra ouvre une nouvelle fenêtre sur la richesse de la faune qui partage cet espace avec les communautés voisines.