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Changer nos habitudes alimentaires pour préserver la faune sauvage

En République du Congo, principalement dans le nord du pays, la viande sauvage occupe une place importante dans l’alimentation, l’économie et les traditions. Dans de nombreuses communautés rurales, elle constitue une source essentielle de protéines et de revenus. Mais, avec la croissance des villes, notamment de Brazzaville, la demande augmente et exerce une pression toujours plus forte sur les populations d’animaux sauvages et les écosystèmes forestiers.

Préserver cette ressource ne consiste pas à opposer conservation et habitudes alimentaires. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre permettant de répondre aux besoins des populations tout en garantissant que la faune sauvage demeure une richesse pour les générations futures.

Pour mieux comprendre les habitudes de consommation de la viande sauvage en milieu urbain, le Sustainable Wildlife Management (SWM) Programme, financé par l’Union Européenne et mis en œuvre au Congo par la Wildlife Conservation Society (WCS) avec un consortium des Organisations internationales notamment la FAO, le CIRAD et la Landscape Alliance (CIFOR-World Agroforestry), a conduit plusieurs études à Brazzaville auprès des consommateurs hommes et femmes congolais âgés de 18 à 34 ans. Les résultats montrent que les motivations sont multiples. La viande sauvage est appréciée non seulement pour son goût, mais aussi parce qu’elle est perçue comme un aliment sain, local et profondément lié à l’identité culturelle congolaise. Les recherches révèlent également que les choix alimentaires sont fortement influencés par la famille, les proches et l’environnement social.

Ces mêmes études mettent toutefois en évidence une réalité encourageante : de nombreux habitants, en particulier les jeunes adultes, sont ouverts à diversifier leur alimentation. Le poisson, le poulet et d’autres protéines disponibles à Brazzaville sont déjà largement consommés et représentent des alternatives accessibles, appréciées et adaptées aux habitudes culinaires locales.

Ces résultats montrent que la réduction de la pression sur la faune sauvage ne dépend pas uniquement des actions menées sur le terrain. Elle passe aussi par l’évolution progressive des comportements de consommation en ville. Limiter la consommation de viande sauvage en ville, varier les repas et valoriser la diversité des aliments disponibles, en particulier ceux produits localement, constituent des gestes simples qui, à grande échelle, peuvent contribuer à préserver la biodiversité tout en valorisant la culture congolaise.

C’est cette approche, fondée sur les évidences (études socio-économiques et comportementales), que développe le SWM Programme. En tenant en compte, les attentes, les motivations et les réalités des consommateurs, le programme accompagne une évolution des habitudes alimentaires qui concilie sécurité alimentaire, développement local et conservation de la faune sauvage.