OUESSO, République du Congo – 28 mai 2026 – La Wildlife Conservation Society (WCS), à travers son programme Counter Wildlife Trafficking (CWT), a organisé les 27 et 28 mai 2026 à Ouesso un atelier de sensibilisation et de partage d’expériences sur la criminalité liée aux espèces de faune sauvage. Pendant deux jours, administrations publiques, autorités judiciaires, forces de défense et de sécurité, organisations de conservation et société civile se sont réunies afin de renforcer la coopération entre acteurs impliqués dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages.
Face aux pressions croissantes qui pèsent sur la biodiversité du bassin du Congo, cet atelier avait pour objectif de favoriser le dialogue, partager les expériences de terrain et améliorer la coordination des interventions contre une criminalité qui dépasse aujourd’hui largement les enjeux environnementaux.
Dans le nord du Congo, où les communautés dépendent fortement des ressources forestières pour leur subsistance, il demeure essentiel de distinguer la chasse de subsistance pratiquée dans le respect de la réglementation de la criminalité faunique. Cette dernière englobe notamment le braconnage d’espèces protégées, le trafic d’animaux sauvages ou de leurs produits ainsi que les réseaux criminels organisés qui alimentent des marchés illicites nationaux et internationaux.
« La criminalité liée à la faune sauvage est une problématique préoccupante, au même titre que d’autres formes de criminalité organisée comme le trafic de stupéfiants, et constitue une véritable menace à l’échelle mondiale », a déclaré Amour OMBI, Coordonnateur CWT, WCS Congo, rappelant que cette criminalité affecte directement la biodiversité mondiale tout en générant d’importants revenus illicites.
Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs thématiques clés, notamment les enjeux de la criminalité faunique au Congo, le cadre juridique applicable aux infractions contre la faune sauvage, les défis rencontrés dans la lutte anti-braconnage ainsi que les liens entre criminalité environnementale, perte écologique et criminalité financière.
Dans sa présentation consacrée aux liens entre criminalité faunique, perte écologique et lutte contre le blanchiment de capitaux, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ouesso, Igor Boris Ossette, a souligné que la criminalité faunique constitue un système criminel plus large dans lequel les profits illicites, la destruction des écosystèmes et les circuits financiers illégaux s'alimentent mutuellement. Il a ajouté que lutter contre la criminalité faunique, la destruction écologique et le blanchiment de capitaux revenait à répondre à différentes dimensions d’un même problème.
Cette approche collaborative est au cœur du programme Counter Wildlife Trafficking (CWT) de la WCS, qui accompagne les autorités congolaises dans la prévention, la détection et la répression du trafic d’espèces sauvages grâce au renseignement, au renforcement des capacités et au développement des partenariats institutionnels.
Les résultats obtenus illustrent l’importance de cette coopération. En 2025, l’équipe CWT a émis 27 alertes basées sur des rapports de renseignement, renforçant ainsi les capacités de surveillance, de détection et de répression des infractions liées à la faune sauvage.
Les efforts conjoints des autorités congolaises et de leurs partenaires ont également permis plusieurs avancées judiciaires majeures. Parmi celles-ci figure la condamnation historique prononcée en 2019 contre Mobanza Mobembo Gérard, alias « Guyvanho », condamné à 30 ans de prison pour tentative de meurtre sur des gardes forestiers, trafic d’ivoire provenant d’éléphants braconnés, possession d’armes militaires et autres chefs d’accusation. Cette affaire demeure l’un des exemples les plus marquants démontrant que la criminalité faunique constitue une forme de criminalité organisée pouvant faire l’objet de poursuites exemplaires.
À l’issue des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à renforcer davantage la lutte contre la criminalité faunique. Parmi celles-ci figurent le renforcement du partage d’informations entre institutions, l’amélioration de la coordination opérationnelle entre les acteurs impliqués, la poursuite des efforts de sensibilisation, le développement des capacités techniques des acteurs concernés ainsi qu’une meilleure application des dispositifs juridiques existants.
À travers cette initiative, la WCS réaffirme son engagement aux côtés du Gouvernement de la République du Congo et de ses partenaires pour renforcer durablement la protection de la biodiversité du bassin du Congo et lutter contre les réseaux qui menacent la faune sauvage.