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Le numéro de juin 2023 du magazine National Geographic consacre 24 pages à la question complexe de la consommation de viande de brousse dans le bassin du Congo et met en avant les initiatives de la WCS visant à lutter contre la menace inquiétante que représente la demande urbaine croissante en protéines sauvages.
Le journaliste Rene Ebersole et le photographe Brent Stirton se sont rendus en République du Congo et en République démocratique du Congo afin de mieux comprendre une situation déjà alarmante de surchasse dangereuse et de répondre à une question simple : existe-t-il des alternatives ?
Dans ce reportage approfondi, National Geographic explique comment les programmes de terrain de la WCS ont apporté des solutions pour enrayer cette tendance. Il s'agit notamment du programme de gestion durable de la faune sauvage financé par l'UE, qui travaille avec des partenaires (FAO, CIRAD et CIFOR) dans quinze pays, du programme de l'USAID sur les protéines et la biodiversité, et du programme Urban Bushmeat, financé par le Service américain des pêches et de la faune sauvage avec le soutien de la Fondation Arcus, du gouvernement britannique par le biais du Fonds de lutte contre le commerce illégal d'espèces sauvages et du UKRI GCRF TRADE Hub.
WCS est à l'avant-garde de l'utilisation du marketing social pour promouvoir un changement de comportement en faveur de la conservation de la faune sauvage d'Afrique, qui revêt une importance mondiale. Deux autres campagnes sont prévues à Ouesso et Brazzaville (République du Congo), dans le cadre de l'approche multidimensionnelle « De la forêt à l'assiette » développée par WCS, qui a inspiré le titre de l'article des auteurs.
« Forest to the Fork est un cadre qui nous amène à considérer le paradigme de la viande de brousse de manière holistique et à fournir divers soutiens aux communautés, aux consommateurs et aux gouvernements à différents niveaux de la chaîne de valeur de la viande de brousse, avec le même objectif ultime : éviter l'effondrement des écosystèmes, protéger les cultures des peuples autochtones et des communautés locales, et garantir leurs sources de protéines et de revenus », explique le Dr Michelle Wieland, directrice de WCS pour les droits et les communautés en Afrique.
Pour de nombreuses communautés rurales d'Afrique centrale, la viande de brousse est une nécessité pour leur subsistance, ainsi qu'une pratique culturelle profondément ancrée. D'autre part, avec la croissance rapide de villes comme Kinshasa (population estimée à 17 millions d'habitants, contre 6 millions en 2000), la viande de brousse devient également un produit de luxe pour les citadins et une activité lucrative pour certains acteurs qui approvisionnent les marchés urbains.
« La chasse non durable menace la survie de certaines espèces et, par conséquent, la sécurité alimentaire des populations rurales qui en dépendent », explique Liliana Vanegas, coordinatrice du programme sur la viande de brousse en milieu urbain à la WCS. « Elle présente également un risque pour la santé, car la plupart des épidémies récentes, telles que l'Ebola, le VIH et la variole du singe, proviennent d'animaux sauvages. »
« Nous visons à soutenir la gouvernance communautaire tout en développant les protéines domestiques, afin de parvenir à une consommation durable de la faune sauvage pour les populations rurales pauvres », explique le Dr Germain Mavah, responsable technique senior de la WCS qui dirige ce projet au Congo.
La WCS vise à promouvoir l'élevage local de poulets et de moutons, car la viande importée et congelée a longtemps été un obstacle au changement de comportement, étant considérée comme malsaine et peu nutritive par les communautés rurales, qui voient la viande de brousse comme la seule source « biologique » de protéines à leur disposition.
L'article cite également Lude Kinzonzi, assistant de campagne pour le programme « Urban Bushmeat » de la WCS, qui déclare : « Chaque année, plus de 5 millions de tonnes de viande de brousse sont prélevées dans la forêt (...) à ce rythme, certaines espèces vont disparaître. »
Lude a contribué à deux campagnes de marketing social lancées par WCS avec les gouvernements nationaux à Pointe-Noire et Kinshasa, afin de promouvoir une cuisine congolaise sans viande de brousse.
« Manger de la viande de brousse fait partie de ma culture », explique Kinzonzi dans l'article de Nat Geo, « mais si nous voulons que les gens changent leur comportement, je devais être le premier à faire un pas dans cette direction ».
Kinzonzi incarne la prise de conscience croissante des jeunes d'Afrique centrale que WCS contribue à sensibiliser à travers diverses initiatives visant à aborder la complexité de la consommation de viande de brousse en termes de pratiques culturelles, de sécurité alimentaire, de santé publique et de conservation.
L'article de National Geographic sera mis en ligne le 18 mai et fera partie du prochain numéro qui sera en kiosque le 1er juin.