Le Secrétariat Exécutif de la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) et la Wildlife Conservation Society (WCS) ont procédé à la signature officielle d’un protocole d’accord sur la mise en œuvre de la Cible 3 du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
La semaine dernière, la Wildlife Conservation Society et la Commission des Forêts d’Afrique centrale ont signé un nouvel accord de partenariat pour soutenir les pays du Bassin du Congo dans l’atteinte de la Cible 3 du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, afin de gérer équitablement et efficacement 30% des aires terrestres et marines. Ceci marque le premier partenariat à l’échelle du Bassin entre les deux institutions et reflète l’engagement réaffirmé des pays du Bassin du Congo à apporter des solutions basées sur la nature aux menaces combinées de perte de biodiversité et des changements climatiques, au bénéfice de la nature, des populations et de la planète.
Cet accord a été signé en marge du Sommet des Trois Bassins, tenu à Brazzaville, en République du Congo. Le Sommet a rassemblé des représentants des trois bassins forestiers tropicaux du monde : l'Amazonie, le Congo et l'Asie du Bornéo-Mékong-Sud Est. Ces trois bassins représentent 80% de la biodiversité mondiale et jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat et du flux de carbone à l'échelle planétaire. Le sommet part du principe que ces trois bassins devraient donc capter 80% de la mobilisation financière existante et future annoncée lors de la COP 27 pour le climat et de la COP 15 pour la biodiversité.
L’accord entre la COMIFAC et la WCS va couvrir une période initiale de quatre ans et porte sur la mise en œuvre de la Cible 3, dans le cadre du Plan de convergence de la COMIFAC. Les thématiques de l’accord incluent la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, la formation et le renforcement des capacités, la recherche, la sensibilisation, la participation des Populations Autochtones et des Communautés Locales.
Pour Michel Masozera, Directeur en charge des politiques et partenariats pour WCS en Afrique: « la mise en œuvre du Cadre Mondial de la Biodiversité de Kunming-Montréal nécessite un partenariat efficace entre secteur privé, gouvernements, bailleurs de fonds et société civile et secteur académique pour atteindre ses ambitieux objectifs et cibles. Plus spécifiquement, la Cible 3 appelle à la reconnaissance des droits et responsabilités des Peuples Autochtones et Communautés Locales, de leurs contributions et rôles dans la conservation de la biodiversité. Ceci est capital pour une conservation et une gestion efficace des aires protégées et d'autres mesures de conservation efficaces par zone en Afrique centrale. Ce protocole d’accord appuiera non seulement le Cadre Mondial de la Biodiversité pour l’Afrique Centrale, mais aussi le Plan de convergence de la COMIFAC et la stratégie 30x30 de WCS. »
Pour Chouaibou Nchoutpouen, Secrétaire Exécutif Adjoint et Coordonnateur Technique de la COMIFAC : « il est primordial d’atteindre d'ici à 2030, un niveau de protection et de gestion effectives d’au moins 30% des zones terrestres, des eaux intérieures et des zones côtières et marines, en particulier les zones revêtant une importance particulière pour la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques, par le biais de systèmes d'aires protégées écologiquement représentatifs. Cet accord permettra de s’aligner à la Cible 3 du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et à d'autres mesures de conservation efficaces par zone. »
Les pays de l’espace COMIFAC font l’objet d’une attention accrue vis-à-vis des enjeux relatifs au climat et à la biodiversité. Le Sommet des Trois Bassins, tout comme les dernières conférences des parties sur le climat, démontrent clairement que le Bassin du Congo joue un rôle toujours plus important dans le cadre des négociations sur ces grands enjeux. La deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie est aussi le seul puits de carbone tropical net restant - absorbant plus de carbone qu’elle n’en émet. Ce coup de projecteur sur l’Afrique centrale et le Bassin du Congo sera encore à l’agenda lors de la prochaine Conférence des Parties sur les changements climatiques, tenue à Dubaï fin 2023.