Le 9 novembre 2018, Son Excellence Rosalie Matondo, ministre de l'Économie forestière de la République du Congo, l'ambassadeur des États-Unis, Todd Haskell, le directeur de mission de l'USAID/RDC, Paul Sabatine, directeur du programme Congo de la Wildlife Conservation Society, et les autorités locales se sont réunis à Sibiti, dans le département de Lekoumou, pour créer, par décret officiel, le cinquième parc national du Congo : le parc national de l'Ogooué-Leketi.
Une nouvelle aire protégée a été créée en République du Congo : le parc national de l'Ogooué-Leketi (350 000 ha). Bordé par le parc national des Plateaux Batéké, dans le Gabon voisin, il forme une aire protégée transfrontalière de plus d'un demi-million d'hectares. Elle fait partie de la zone prioritaire exceptionnelle désignée par l'UICN pour la protection des gorilles des plaines occidentales et des chimpanzés du centre, et revêt une importance écologique considérable en raison de sa situation dans la zone de transition entre la forêt et la savane. Elle abrite les sources de l'Ogooué (le principal fleuve du Gabon) et de la Leketi, qui alimente l'Alima et, à terme, le fleuve Congo. Depuis 2004, la Wildlife Conservation Society (WCS) et le ministère de l'Économie forestière ont mené des études biologiques et socio-économiques détaillées dans et autour du projet de parc national de l'Ogooué-Leketi (OLNP) afin d'évaluer le potentiel de conservation de cette zone et de définir les limites et les avantages appropriés de la nouvelle aire protégée. Suite à la fermeture des trois concessions forestières qui empiétaient sur la zone protégée proposée, l'Ogooué-Leketi a été officiellement déclaré cinquième parc national du Congo.
Ce nouveau parc national se trouve dans un paysage unique au Congo, dominé par de vastes savanes vallonnées à l'est, avec des rubans de forêt galerie reliant un bloc de forêt tropicale plus vaste au nord et à l'ouest. Au sein de cette forêt se trouve une constellation de clairières marécageuses riches en minéraux (bais) qui offrent des occasions uniques d'observer la faune forestière. L'OLNP abrite une biodiversité fascinante que l'on ne trouve nulle part ailleurs au Congo. Au moins six des espèces végétales de la savane sont très rares et spécialisées dans les sables du Kalahari qui forment le substrat du plateau de Bateke. Parmi les espèces spécialisées de la savane, on trouve le céphalophe de Grimm (ou céphalophe de brousse), le chacal à flancs rayés, trois espèces d'outardes, le traquet fourmilier du Congo, l'hirondelle de Brazza et une nouvelle espèce probable de cisticola. Ces animaux et oiseaux vivent dans le même parc que des espèces forestières authentiques : gorilles, éléphants de forêt, buffles de forêt, potamochères, plusieurs espèces de céphalophes et plusieurs espèces de singes, dont le mandrill. En 2015, des caméras placées dans le parc national voisin du plateau de Bateke, au Gabon, ont commencé à capturer des images d'un jeune lion mâle, une espèce que l'on croyait éteinte dans la région depuis les années 1990.
Les communautés vivant à proximité du parc national d'Ogooué-Leketi ont été associées au processus de création de la zone protégée depuis le lancement du projet, grâce à une approche garantissant les meilleures pratiques en matière de consentement libre, préalable et éclairé. Les communautés locales et les autorités de tous les villages bordant le parc dans les districts de Zanaga et Bambama dans la province de Lekoumou, et Lekana dans la province des Plateaux, ont exprimé dès le début leur soutien sans faille à la création du parc. La planification a été menée en collaboration avec les communautés locales à l'aide d'une cartographie sociale participative, réalisée par les communautés elles-mêmes. Ces cartes ont servi à définir et à convenir des limites d'une zone d'écodéveloppement faisant partie du parc et à convenir des règles de gestion de cette zone. Les prochaines étapes comprendront l'élaboration d'un plan de gestion intégrant ces zones d'utilisation locale et ces règles, ainsi que la finalisation du zonage de conservation qui protégera la grande biodiversité de l'OLNP.
WCS, avec le soutien du Programme régional pour l'environnement en Afrique centrale (CARPE) de l'USAID et du Service américain des pêches et de la faune sauvage, a dirigé les études sur la biodiversité, facilité les études socio-économiques et soutenu le processus de cartographie sociale participative et la gestion durable des ressources naturelles dans les villages bordant les limites du parc. Cela permettra de garantir une base solide pour la protection de la biodiversité du parc et des droits traditionnels des communautés locales.
Le Programme régional pour l'environnement en Afrique centrale (CARPE) de l'USAID, le Service américain des pêches et de la faune sauvage et le ministère norvégien du Climat et de l'Environnement ont soutenu le processus de création du parc national de l'Ogooué-Leketi.