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Sous le couvert de la jungle : photos extraordinaires du Congo

L'épaisse canopée de la forêt tropicale congolaise et sa végétation luxuriante constituent un havre de paix pour une biodiversité unique, y compris pour des animaux très rares, comme le chat doré africain, photographiés pour la première fois en haute définition dans leur environnement naturel.

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« Les forêts tropicales humides ne livrent pas facilement leurs secrets. On peut passer des années à les parcourir sans voir grand-chose de la faune extraordinaire qui y vit. On ne sait qu'elle est là que par les signes qu'elle laisse derrière elle », explique Emma Stokes, vice-présidente de la WCS chargée de la conservation sur le terrain, longtemps déployée dans le Parc National de Nouabalé-Ndoki, « c'est pourquoi c'est si gratifiant de voir ces photos incroyables, de dévoiler peu à peu certains de ces secrets et de mieux comprendre ces forêts, pour mieux les protéger ».

Une vaste opération de pièges photographiques dans le Parc National de Nouabalé-Ndoki, menée par le photographe Will Burrard-Lucas et soutenue par WCS, a permis de capturer des images exceptionnelles de certains des mammifères les plus charismatiques, mais rarement observés, d'une manière encore jamais vue auparavant en haute définition.

Tout au long de l'année 2023, le Parc a accueilli Will Burrard-Lucas, spécialiste britannique du piégeage photographique de haute définition, et a travaillé au déploiement de 5 appareils sur 4 sites différents pendant un an.

« Où que l'on aille, on a l'impression que la faune se cache, tout proche, à l'abri des regards, derrière un voile de végétation. Les pièges photo dans un tel environnement sont incroyablement excitants, car on ne sait jamais quelle espèce emprunte quel sentier, dont des espèces très rares », explique Will Burrard-Lucas

Dans les parcs nationaux comme celui de Nouabalé-Ndoki, les pièges photo sont utilisés quotidiennement à des fins scientifiques, notamment pour mesurer l'abondance de la faune. Mais l'utilisation d'appareils photo de haute qualité et la prise de photos de faune aussi extraordinaires donnent à voir la beauté de ce que l’on veut protéger, et à s’émerveiller devant cette faune insaisissable.

« Ces photos sont incroyables, je suis vraiment heureux que grâce à ces appareils nous puissions prendre des photos des animaux les plus difficiles à apercevoir. », explique Seraphin Ngouna, qui travaille pour un des sites de recherche établi dans le parc. Ngouna est issu d’un Peuple Autochtone de la forêt dans laquelle il est né et travaille. Il a joué un rôle essentiel dans la maintenance des pièges photos une fois déployés, exposés aux intempéries, aux éléphants et aux chutes de branches. « Je suis d’autant plus content que ces photos vont être publiées et vues dans le monde entier. »

Will Burrard-Lucas rajoute : « pour moi, le comble du spectacle est de réussir à photographier les prédateurs, et mon rêve était d'obtenir une photo du prédateur par excellence : un léopard. Ces félins sont très discrets et presque impossibles à voir dans l'épaisse forêt tropicale. Pour sélectionner les endroits où poser mes pièges photo, je me suis appuyé sur les connaissances et l'expérience des chercheurs et des pisteurs qui étudient la faune du Parc depuis des années. J'ai vécu un moment incroyable lorsque je suis retourné à un appareil photo et que j'ai trouvé une photo du léopard mâle le plus impressionnant que j'aie jamais vu ! La capture de ces photos a été un travail d'équipe et je suis très reconnaissant à tous ceux qui ont contribué à rendre cela possible, en particulier ceux qui se sont chargés de la maintenance des appareils ».

Sabine Plattner, propriétaire de Kamba Africa, commente : « les photos de Will sont vraiment à couper le souffle, il capture magnifiquement les animaux de la forêt, et c'est merveilleux de voir certaines des espèces les plus rares qui vivent dans le Bassin du Congo. Grâce à ces images, les visiteurs peuvent voir à quoi ressemble la vie dans la forêt ».

Les pièges photo de Will Burrard-Lucas ont été déployés dans le cadre du programme de développement touristique à Nouabalé-Ndoki, en partenariat avec Kamba Africa et grâce au soutien de l'Agence américaine pour le développement international (USAID).

Ces photos sont un plaisir pour les yeux, mais aussi un révélateur de ce qui est en jeu, de ce que nous connaissons à peine, et qui pourrait déjà être menacées par la déforestation et la perte d’habitat. Ces photos célèbrent une faune invisible et appellent à agir pour la protéger.